''La liberté des études fait partie intégrante de la liberté de pensée, qui est plus fondamentale encore que la liberté d'expression. Si nous privons quelqu'un du droit de décider à quoi il veut s'intéresser, nous le privons de sa liberté. Nous lui disons: vous devez penser non pas à ce qui vous intéresse et vous concerne, mais à ce qui nous intéresse et nous concerne. (...) Le droit que je réclame pour les jeunes est un droit que je souhaite conserver pour nous tous, celui de décider de ce qui entre dans nos esprits." John Holt, S'évader de l'enfance

"Beaucoup de ceux qui croient en l'enfance-institution, telle que nous la connaissons actuellement, la considère comme une sorte de jardin bien clos, dans lequel les enfants, petits et faibles, sont gardés de la brutalité du monde extérieur jusqu'au moment où ils sont assez forts et intelligents pour y résister. Du reste, il y a des enfants qui partagent, eux aussi, cette conception de l'enfance. Je ne veux ni détruire leur jardin, ni les en chasser. S'ils s'y plaisent, il faut le leur laisser à tout prix. Mais je crois que la plupart des jeunes, et à un âge de plus en plus précoce, ressentent l'enfance non pas comme un jardin, mais comme un prison. Ce que je souhaite faire, c'est pratiquer une ou plusieurs portes dans le mur de ce jardin afin que ceux qui ne le trouvent plus protecteur ou utile, mais plus étroit et humiliant, puissent en sortir et, provisoirement, tenter de vivre plus au large. Mais s'ils constatent qu'ils ont été trop ambitieux, ils pourront toujours revenir dans le jardin. Ne devrions-nous pas tous avoir un jardin clos où nous réfugier, quand le besoin s'en ferait sentir?" John Holt, S'évader de l'enfance

"Les sociétés modernes ont légalisé une discrimination fondée sur une différence de force musculaire. Mineur signifie: moindre. Plus petit. Inférieur. Lesdits "enfants" sont un ensemble d'humains faible au combat corps à corps, constitué par les plus forts en catégorie, et soumis à un statut et à un traitement spéciaux. Le statut est la privation d'autonomie." Christiane Rochefort, Les enfants d'abord

"C'est toujours pareil: il n'y a que l'opprimé qui ressent son oppression. L'oppresseur, lui, est content comme ça, ne souffre aucunement, trouve ça très bien, juste, normal, bon pour l'autre (qu'est-ce qu'il ferait sans nous?), et "naturel". "Opprimé" d'ailleurs est un gros mot, qui choque l'oppresseur (autre gros mot) - au fait, on le reconnaît à cette réaction, essayez, ça ne loupe jamais.

L'autre (l'opprimé) n'a rien à dire, d'abord parce qu'il n'a pas la parole. Essayer de la prendre pourrait lui coûter chaud, il le sait: en régime de tyrannie, le tyran peut être permissif, il n'en a pas moins le pouvoir absolu, même lorsqu'il octroie la liberté d'expression il est prudent de ne pas lui dire ce qu'il ne veut pas entendre."

Christiane Rochefort, Les enfants d'abord